La myotonie de Steinert

La myotonie de Steinert est une maladie génétique de transmission autosomique dominante avec anticipation c'est-à-dire qu'elle tend à s'aggraver et à apparaître plus précocement avec les générations. Elle présente une grande variabilité d'expression inter et intra-familiale ; la définition clinique n'est donc pas univoque et va des formes bénignes tardives, jusqu'aux formes graves du nouveau-né.

Sa prévalence est estimée à 1/25 000 en Europe.


Les signes cliniques peuvent comprendre ( selon la forme de myotonie) : une atteinte oculaire et endocrinienne, des perturbations du rythme cardiaque, une atteinte musculaire, et parfois des troubles neurologiques avec un retard intellectuel modéré. Un suivi annuel multidisciplinaire est préconisé pour la prise en charge et la surveillance des patients atteints de cette affection.



LLe gène de la myotonie de Steinert est localisé sur le bras long du chromosome 19 (19q13-2), il code pour la myotonine, une protéine-kinase cAMP dépendante, dont le rôle précis reste encore inconnu. Le conseil génétique est très délicat. Il sera donc propre à chaque patient. Le diagnostic prénatal est possible sur biopsie de trophoblaste réalisée à 12 semaines d'aménorrhée. Le diagnostic génétique préimplantatoire est possible pour la myotonie de Steinert, cependant, compte tenu des grandes difficultés de sa réalisation et du risque important d'échec de la procréation médicale assistée, il n'est, en règle générale, proposé qu'aux familles déjà confrontées à une interruption médicale de grossesse. *Auteurs : Dr A. Moerman et Pr S. Manouvrier (août 2001)*.


Un mot sur la recherche



Dystrophie Myotonique et altérations du programme myogénique par les expansion CTG.

La dystrophie myotonique de Steinert (DM-1) est une maladie neuro-musculaire autosomique dominante.

Avec une incidence de 1/8000 globalement, la DM-1 représente la dystrophie musculaire la plus fréquente
chez l'adulte. Les principaux organes affectés dans cette maladie sont les muscles striés squelettiques et le système nerveux central. Les signes clinique majeurs de cette maladie génétique sont une myotonie et un épuisement progressif des muscles squelettiques

Le défaut génétique a été identifié en 1992 sur le chromosome 19 dans le gène de la DMPK (Dystrophy Myotonic Protein Kinase) et consiste en une amplification anormale d'une séquence répétée de CTG. Le nombre de répétition CTG chez les petiens DM-1 varie de 50 à plus de 3000 CTG alors qu'un individu non atteint possède de 5 à 37 répétitions CTG.

La forme la plus sévère de cette maladie est la forme congénitale (CDM) et est associées à de grandes répétitions de (CTG)n. Elle est caractérisée par une sévère hypotonie une détresse respiratoire et un regard de maturation du muscle squelettique.

De plus, nous avons montré que les cellules musculaires isolés de patients DM-1 ayant de grande répétitions de CTG avaient des défauts de prolifération, de fusion et de différenciation. Même si l'anomalie génétique a été identifiée, le mécanisme à cette pathologie est encore inconnu.

Le premier objectif de ce projet est de déterminer les mécanismes moléculaires impliqués dans l'altération de la prolifération et la différenciation des cellules musculaires par des séquences répétées de CTG.

Pour cette étude, nous avons développé un modèle in vitro de culture de cellules musculaires humaines provenant de muscle de patients DM-1.

Le second objectif est basé sur le développement de stratégies visant à corriger les anomalies engendrées par les grandes séquences CTG notamment celles qui sont induites par les ARN mutés de la DMPK, afin d'évaluer leur potentiel comme approche thérapeutique.

L'ensemble de ce projet de recherche devrait permettre une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires impliqués dans le physiopathologie de la DM1, qui est nécessaire pour le développement futur de thérapie pour cette maladie.